Il n’existe pas de consensus unique. Plusieurs hypothèses s’appuient sur les sources, les traditions orales, l’évolution linguistique et les monuments antiques.
1. Saint Pierre et « Petrum »
Une opinion courante relie le nom au château dédié à saint Pierre. En latin on disait « Sanctum Petrum ». Avec le temps, « Sanctum » a disparu, ne laissant que « Petrum ».
Dans cette lecture :
Petrum → Potrum → Bodrum
Précision : « Petrum » et « Petronium »
Les textes latins distinguent la forteresse (« Petrum ») de la région plus large avec agglomération (« Petronium »).
En bref :
Petrum = le château
Petronium = les environs et l’agglomération
On propose parfois la chaîne « Petronium » → « Poturum » → « Bodurum » → « Bodrum », mais ce n’est qu’une hypothèse.
2. Hippodrome et autres monuments
Une autre thèse : les locuteurs turcs auraient désigné de grandes ruines par « bodrum », surtout stade et hippodrome.
Étymologie populaire :
Hippodrome → Podrum → Bodrum
Il y a environ deux mille ans, le centre d’Halicarnasse et l’hippodrome se trouvaient là où sont aujourd’hui la zone industrielle et l’ancienne gare routière de Bodrum.
3. Sous-sols
En turc moderne, « bodrum » signifie sous-sol ; d’où l’idée de lier le toponyme aux caves près du château et des ruines.
Là encore, rien n’est prouvé.
4. Textes historiques
Le Gazavatname de Barberousse emploie « Bodurum », parfois au sens de cachot.
On évoque le grec « batrum » ou l’araméen « Batrun » — sans certitude.
5. « Sıravolos » à l’époque ottomane
Au XVIe siècle, Piri Reis nommait la péninsule « Sıravolos » (ou Isravolos) — un nom régional pour la côte et ses ports.
Conclusion
Le nom reflète sans doute plusieurs strates d’histoire. Ensemble, les hypothèses montrent comment les toponymes voyagent à travers les langues et les siècles.